Gaza : la veuve d’un gérant de librairie martyrisé choisit de pardonner

Pauline and her children

Rami Ayyad a été assassiné, il y a quelques années, à cause de son travail en tant que chef de la Société biblique, dans la bande de Gaza. Son meurtre a laissé sa femme, Pauline, accablée par leurs trois jeunes enfants et le cœur rempli de haine envers ses assassins.

Rami était en train de verrouiller la librairie de la Société biblique palestinienne, à Gaza, quand un véhicule s’est arrêté près de lui et que plusieurs hommes l’ont amené de force sur la banquette arrière. Gardant son calme et faisant confiance au Seigneur, Rami a eu la permission d’appeler sa femme : « Je vais quelque part en compagnie de quelques jeunes hommes, mais je serai bientôt à la maison », a-t-il dit en tentant de la rassurer.

Ce serait la dernière fois que Pauline entendrait la voix de son mari.

On a retrouvé son corps quelques heures plus tard. Il avait été brutalement torturé et avait reçu deux balles, une à la poitrine et l’autre à la tête.

« J’avais tellement le cœur brisé après la mort de mon mari, et je haïssais ceux qui avaient fait cela », se souvient Pauline.

Ce poison a infecté tous les aspects de sa vie jusqu’à ce que cela devienne insupportable, écrit Jeff King, de International Christian Concern, un groupe de défense d’intérêts qui cherche à faire connaître la persécution qui sévit dans le monde entier. Elle savait que Dieu voulait l’amener à pardonner, mais elle n’y arrivait pas.”

Rami AyyadSa situation, la bande de Gaza, devenait de plus en plus dangereuse, selon le groupe de soutien chrétien Compass Direct. Après le meurtre de Rami, les autorités du Hamas ont dit à Pauline ne pas pouvoir assurer la sécurité de sa famille ni celle des employés de la Société biblique locale, lesquels continuaient de recevoir des menaces de mort. Elle n’a pu quitter Gaza que grâce à l’intervention de l’avocat américain et chroniqueur pour le compte de Beliefnet Jay Sekulow, du American Center for Law and Justice, lequel, en compagnie de son fils Jordan, s’est rendu dans un camp de réfugiés, où Pauline était constamment menacée, et a amené cette dernière en lieu sûr, en Israël.

Aucun progrès n’a été réalisé dans la recherche des assassins.

Dans un tel contexte de haine, le ressentiment de Pauline couvait. Cependant, au dire de Jeff King, le Saint-Esprit, à sa façon douce mais insistante, a continué de lui murmurer jusqu’à ce que cette haine devienne insupportable.

C’est alors, se souvient-elle, « que le Seigneur m’a remplie de pardon envers ceux qui avaient tué Rami et envers ceux que je blâmais. »

Son cœur s’est libéré et elle a entendu le Seigneur lui dire qu’il n’est pas donné à tout le monde d’être appelé la femme d’un martyr.

Absorbée dans ses pensées, elle a réfléchi : « Voilà en effet un grand honneur ! »

« L’expérience de Pauline reflète celle de l’Église persécutée en général », écrit Jeff King. « Maltraités, battus, torturés, violés, se faisant cracher dessus et tuer, ces croyants souffrent comme Jésus a souffert. Ils réagissent parfois de façons très humaines, mais en écoutant et en suivant le Saint-Esprit, ils reçoivent une grande puissance et ils possèdent alors ce qu’ils n’auraient pas pu imaginer auparavant : de la paix et de l’amour envers leurs ennemis et la capacité de pardonner aux gens qui ne leur ont apporté que du mal absolu dans leur vie. »

Jeff King dit que International Christian Concern se sent appelé à servir ces gens, à panser leurs plaies, à prendre soin des êtres chers qui restent derrière et à les aider à bâtir une Église qui soit comme un phare durant une tempête, montrant la voie jusqu’au domicile.

« Voilà le cadeau de l’Église persécutée. Dans la fournaise de l’affliction, l’Esprit de Dieu s’embrase dans le cœur de ces gens. Ces derniers deviennent alors des balises pour tous ceux et celles avec qui ils sont en contact. Si vous êtes comme moi, vous avez besoin de leur exemple et des leçons de vie qu’ils ont tirées. Ce sont des trésors. »

Source : Beliefnet.com