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Tenir bon: la SBC assure ses partisans de son engagement envers des traductions fidèles

Toronto (Ontario), le 20 mars 2012 — Tout au long de l’histoire juive, des artisans pieux et qualifiés appelés «scribes» ont copié soigneusement et exactement la Parole de Dieu. Dans l’antiquité, on préparait et on utilisait minutieusement des peaux d’animaux sans défaut et des instruments d’écriture qu’on avait purifiés rituellement. Les scribes, qu’on choisissait en fonction de leur force morale inébranlable, non seulement priaient et prenaient un bain avant chaque séance d’écriture, mais ils prononçaient ou chantaient les mots à haute voix pour bien réfléchir à chaque caractère qu’ils inscrivaient.

Chez la Société biblique canadienne (SBC), nous nous considérons humblement comme des scribes de l’ère moderne. Non, nous ne préservons pas les Saintes Écritures sur des peaux de mouton, mais chacun d’entre nous (depuis les traducteurs et les traductrices jusqu’aux personnes chargées de l’administration, en passant par le personnel de soutien) prend très, très au sérieux notre responsabilité d’offrir les Saintes Écritures dans les langues du cœur en usage dans divers coins du monde. Nous considérons chaque Bible que produit notre équipe comme étant la Parole sainte, sacrée et parfaite de Dieu. Et comme le Saint-Esprit a insufflé chaque verset, nous veillons particulièrement à reproduire aussi fidèlement que possible le sens original donné par les rédacteurs humains.

Récemment, cependant, nous avons entendu parler d’une controverse qui a profondément touché le cœur des gens qui participent au travail de traduction et qui le soutiennent. Il s’agissait de la façon de traiter fidèlement et délicatement certains termes clés, dans des endroits où l’islam est la religion dominante et, en particulier, dans certains cas où l’on remettait en question la fidélité de la traduction des termes familiaux se rapportant à Dieu en tant que «Père» et à Jésus en tant que «Fils».

La SBC n’est nullement mêlée à cette controverse

Le travail de notre service de traduction se concentre sur des langues autochtones du Canada, où les questions ayant mené à cette controverse ne s’appliquent pas. Il est également important de noter que les initiatives à l’échelle mondiale que soutient la SBC n’incluent aucune des traductions mêlées à cette controverse. Comme vous le savez peut-être déjà, la SBC est membre de la fraternité mondiale de l’Alliance biblique universelle (ABU). Cette dernière jouit d’une réputation bien méritée en matière de leadership, dans le domaine de la traduction biblique, et elle est résolue à respecter les normes les plus strictes en matière d’exactitude, dans tout notre travail de distribution de la Bible.

Nous sommes cependant en communication constante avec nos partenaires d’œuvre chrétienne dont le travail fait l’objet de ce débat. Nous sommes persuadés qu’ils écoutent les préoccupations exprimées et qu’ils font tout pour traiter cette situation de façon:

  • à faire honneur à Dieu;
  • à tenir compte des questions en jeu;
  • à pouvoir continuer de s’engager envers la production de traductions claires et fidèles des Saintes Écritures.

L’Association Wycliffe pour la traduction de la Bible est l’un des groupes visés par cette controverse. Wycliffe est une alliance mondiale d’organismes de traduction biblique. Cependant, la plus grande partie du travail de traduction qui est attribué à Wycliffe est en réalité effectué par ses nombreux partenaires qui œuvrent sur le terrain. Le rôle de l’organisme consiste surtout à recruter des missionnaires quant à la traduction biblique et à leur procurer les ressources nécessaires. Wycliffe Canada, au fait, n’est pas directement impliqué de quelque façon que ce soit, mais seulement de par son association à l’Alliance Mondiale Wycliffe. Et bien que la SBC ait déjà collaboré avec du personnel de Wycliffe quant à certaines initiatives, aucune des personnes en cause n’est apparentée de quelque façon que ce soit à la controverse en question.

Comme quiconque a déjà été mêlé à une situation litigieuse le sait, il y a toujours plus d’une version dans ce genre d’histoire. La présente controverse ne fait pas exception. Aux yeux de certains, Wycliffe n’a pas réagi assez rapidement lorsque la question a surgi. Il est utile de tenir compte du fait que devant une situation si complexe, l’organisme devait agir prudemment pour éviter tout réflexe réactionnaire qui aurait pu faire plus de mal que de bien.

Après avoir examiné la situation et avoir écouté les commentaires de toutes les parties quant aux traductions particulières en cause, Wycliffe a récemment émis la déclaration suivante:

Wycliffe USA et la Société internationale de linguistique (SIL) ont accepté de se soumettre à un examen quant à ces pratiques particulières de la traduction biblique. Les deux organismes vont participer à cette conversation, mais ni l’un ni l’autre ne va la maîtriser. Ce sont des théologiens, des érudits bibliques, des traducteurs, des linguistes et des missiologues respectés provenant de l’ensemble de l’Église qui vont mener cet examen officiel. Nous nous attendons à ce que ce dernier engendre un rapport qui orientera le futur travail de traduction de Wycliffe USA et de la Société internationale de linguistique.

La difficile tâche de traduire la Parole de Dieu

Bien que cette controverse ait mis en lumière certaines questions légitimes qui exigent un examen plus approfondi et davantage d’attention de la part des organismes chrétiens en cause, il est juste de dire que le débat a en grande partie été alimenté et enflammé par de la désinformation. Alors que nous examinions certaines des accusations portées contre les groupes chrétiens visés, il est apparu clairement que certains des accusateurs ne comprennent pas entièrement la nature de la langue ni comment certains concepts ne peuvent tout simplement pas se transposer littéralement d’une langue à une autre. À titre de linguistes et de traducteurs et traductrices, nous sommes sensibilisés au fait qu’une traduction littérale peut bien souvent causer de graves malentendus.

La présente controverse comprend deux grandes questions. La première porte sur l’usage du terme «Allah» pour désigner Dieu. Bien qu’on puisse légitimement se demander si cette désignation est la meilleure, relativement à certaines langues où l’islam est la religion dominante, mentionnons que ce nom est couramment accepté comme étant le terme général qui désigne Dieu, chez un grand nombre de ces langues, sinon la plupart. Chez les langues sémitiques comme l’arabe, on utilise couramment le terme «Allah» pour rendre le terme français «Dieu». L’appellation «Allah» n’est pas exclusive à l’islam, bien que les musulmans l’utilisent effectivement. Ce mot est en fait étroitement apparenté aux termes hébreux «El» et «Elohim» qui désignent Dieu, dans la Bible en hébreu.

La langue arabe est étroitement liée à l’hébreu (langues sémitiques du Sud et du Nord respectivement) et le mot «Allah» s’apparente directement au terme hébreu correspondant. Chez un certain nombre de langues, les chrétiens utilisent le terme «Allah» depuis de nombreuses générations. En fait, dans un certain pays, des chrétiens ont eu recours aux tribunaux pour conserver le droit d’utiliser ce terme quand un gouvernement à majorité musulmane a voulu en restreindre l’usage aux musulmans. En vérité, si nous comparons les origines des mots servant à désigner Dieu, les termes employés en anglais et en allemand figurent parmi les plus païens qui soient: ainsi, «God» et «Gott» étaient à l’origine les appellations qu’utilisaient nos ancêtres païens bien avant l’avènement de la chrétienté, en Europe du Nord.

Le second aspect de la présente controverse, plus difficile celui-là, consiste à savoir comment traduire les termes familiaux qui se rapportent à Dieu en tant que «Père» et à Jésus en tant que «Fils», en des langues où ces termes ne s’entendent qu’au niveau biologique. Si les traducteurs et traductrices ne font pas attention, de graves malentendus peuvent surgir chez les musulmans quant à la nature de la Trinité. Malheureusement, beaucoup de musulmans, lorsqu’on leur présente une traduction littérale à propos de Dieu le Père et de Jésus le Fils, concluent à tort que Dieu a eu une relation sexuelle avec Marie et qu’ils ont engendré un fils appelé Jésus. Les traducteurs et traductrices ont alors du mal à trouver une façon plus exacte de communiquer la véritable nature de la relation qui existe au sein de la Trinité, entre le Père et le Fils, une relation d’intimité familiale plutôt que biologique.

Le travail de traduction, fait à noter, relève à la fois de l’art et de la science:

  • l’une des clés, dans la traduction d’un texte, consiste à rendre les Saintes Écritures accessibles dans une forme qui se comprend facilement et qui transmet clairement le message de Dieu;
  • l’expérience démontre que les gens qui ne participent pas de près aux défis précis que pose une langue particulière devraient s’abstenir de juger et éviter d’alimenter la discorde et les dissensions au sein du corps du Christ.

Tous les partenaires chrétiens qui sont mêlés à cette controverse ont donné leur vie à l’égard de l’œuvre chrétienne qui consiste à faire part de la bonne nouvelle du Christ. Notre position, envers ces hommes et ces femmes dévoués, se fonde sur notre désir de vivre le message que nous traduisons, publions et distribuons.

Un commentaire supplémentaire sur les traductions: Parfois, en étant aux prises avec de sérieuses difficultés, des traducteurs et des traductrices produisent des ébauches en vue d’analyser la compréhension et le caractère approprié de certaines façons de traiter des termes clés. Si on divulgue ce travail prématurément, bien des gens peuvent facilement mal comprendre le processus complexe et exhaustif que supposent la production d’une ébauche, la vérification et la révision des traductions avant que ces dernières ne soient rendues accessibles. On peut alors formuler de fausses hypothèses et les rendre publiques dans les médias avant d’obtenir l’assurance que les traducteurs et les traductrices ne sont pas en train de fausser ou de piétiner la précieuse Parole de Dieu.

En conclusion

Alors que nous examinons cette situation, les paroles que Paul a écrites, en Colossiens 3, nous viennent à l’esprit: «Ainsi donc, vous qui êtes choisis par Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’une tendresse magnanime, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience… Mais par-dessus tout, revêtez-vous de l’amour, qui est le lien parfait.»

Il semblerait à conseiller, pour les personnes concernées, de donner au processus de révision enclenché par Wycliffe la chance de porter fruit, de sorte que l’œuvre de la traduction biblique puisse se poursuivre et que le royaume du Christ puisse prospérer. À titre de participants et participantes à l’œuvre de la Parole de Dieu, nous croyons de tout cœur à l’enseignement biblique voulant que l’Église appartienne au Christ. Nous faisons entièrement confiance à ses paroles, inscrites en Matthieu 16,18: «Je construirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle.» Cette promesse est certaine et elle alimente notre foi que Dieu se servira même de cette controverse pour accomplir ses fins. La SBC a pleinement confiance en l’engagement de Wycliffe de traduire les Saintes Écritures clairement et exactement, comme l’organisme l’exprime dans cette déclaration affichée sur son site Web:

«Les organismes affiliés à l’Alliance Mondiale Wycliffe et les membres de leur personnel ne sont pas en train d’omettre ni d’éliminer de la traduction des Saintes Écritures les termes familiaux qui se traduisent en français par « Père » ou « Fils de Dieu ». Wycliffe reste déterminée à traduire les Saintes Écritures avec exactitude et clarté. Chaque traduction doit préserver l’éternelle divinité de Jésus-Christ et la compréhension de la relation entre Jésus et Dieu le Père.»*

Voilà la norme que doivent respecter toutes les œuvres chrétiennes avec lesquelles la Société biblique collabore pour ce qui est de traduire, de publier et de distribuer la Bible. Nous acceptons et nous sommes heureux que l’Église nous oblige à répondre de ces convictions.

* Traduction non officielle de la déclaration.

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La traduction de l’Évangile

Vous voulez en savoir plus sur le processus de la traduction ? Lisez la série d’articles intitulés La traduction de l’Évangile, qu’a rédigés M. Hart Wiens, l’ancien directeur de la traduction biblique chez la SBC. Dans cette série, M. Wiens se sert de Jean 3,16 pour démontrer certains des défis auxquels font face les traducteurs de la Bible, alors qu’ils cherchent à reformuler la Bonne nouvelle de Dieu en toutes les langues qui se parlent sur terre.

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