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Lisa and Pastor ManaseeBlogue

Journal intime au Nunavut: faire l’expérience d’une communauté de foi dans l’Arctique

(S’étant rendue pour la première fois au Nunavut, la rév. Lisa Pak, directrice de la région de l’Ontario-Nunavut, raconte ce qu’elle y a vécu, dans ce journal intime quotidien.)

Le vendredi 28 septembre 2018

C’est mon premier voyage au Nunavut, et le paysage est stupéfiant!

Il y a beaucoup de vie et d’activité ici, mais aussi le sentiment que les gens habitent un poste-frontière, au sein d’un monde moderne. Comptant 8 000 habitants, Iqaluit, la capitale du Nunavut, est la porte d’entrée de l’Arctique canadien.

Il faisait toujours 20 degrés Celsius à mon départ de Toronto, mais ici, à Iqaluit, c’est bel et bien zéro et le mercure va descendre davantage ce soir. On me dit que tout gèle lentement en décembre: c’est alors que sortent les motoneiges.

Le pasteur Manasee, de l’église anglicane St. Jude’s, est venu me chercher à l’aéroport d’Iqaluit et m’a fait faire une brève visite guidée de la ville. Je suis ici pour me familiariser avec notre Arctique canadien. Le Service de la traduction biblique de la Société biblique canadienne (SBC) travaille depuis un bout de temps en compagnie des chefs et des traducteurs de la communauté inuite, en vue de produire une traduction de qualité de la Bible en inuktitut, et cette collaboration porte fruit. Je suis ici pour voir comment nous pourrions favoriser davantage l’œuvre de l’interaction avec la Bible dans l’Arctique canadien.

Je ne suis pas sans connaître les antécédents difficiles des relations entre les Inuits et le gouvernement du Canada. On m’a déjà exprimé quelques commentaires au magasin North Mart local (les gens là savent très bien que je ne suis pas d’ici!). En même temps, je suis un peu surprise de leur candeur pour ce qui est de m’en parler si ouvertement. Quand j’ai mentionné devoir prêcher à l’église St. Jude’s durant le culte de dimanche soir, un des hommes avec qui je parlais a dit qu’il viendrait, ajoutant qu’il assiste au service à cette église de temps à autre. J’ai hâte de l’y voir.

Demain, je vais me rendre au Centre d’accueil et au musée. J’ai hâte de connaître l’histoire du peuple inuit telle que racontée du point de vue de ces gens, de leur propre bouche. Il y a beaucoup de travail à accomplir, ici et dans le monde, pour le compte du royaume de Dieu. Mais je suis ici, aujourd’hui. Puisse Dieu me donner des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un cœur pour comprendre et aimer.

Le samedi 29 septembre 2018

Igloo-shaped churchCe matin, à mon réveil, il avait neigé. À Toronto, il fait apparemment environ 17 degrés Celsius, mais ici, il neige! Un merveilleux rappel du fait que la vie est très différente, au Nunavut. Tout juste en bas de la colline où se trouve le complexe résidentiel anglican, il y a le magasin North Mart, où le pasteur Manasee et moi sommes arrêtés prendre un thé, au comptoir du Tim Hortons express. On m’a ensuite laissé au Centre d’accueil où j’ai passé la matinée à regarder, à lire et à apprendre. Notre réunion du dîner au restaurant Frobisher Inn, lequel est dirigé par un Canadien français à la personnalité charismatique, s’est avérée éclairante.

Le pasteur Manasee et moi nous intéressons tous deux aux jeunes et aux adolescents, pas seulement à ceux de nos cultures et de nos communautés respectives, ni même juste à ceux du Canada, mais quant au royaume mondial de Dieu. Il est paradoxal de se trouver dans une collectivité qui semble si éloignée du rythme de la vie «normale», et pourtant de faire partie du royaume mondial de Dieu et de son Église, éternelle et sans frontières.

J’ai passé le reste de l’après-midi à préparer le sermon de demain soir. J’ai une bonne idée de ce dont je vais parler: les gens de Dieu qui endurent, qui souffrent, qui se libèrent; les rêves et les espoirs qu’entretient la génération montante, en dépit des circonstances actuelles. La Bible a certainement beaucoup à dire à ce sujet. Il est captivant de parler de tels rêves et de prier à leur sujet! Que Dieu bénisse le travail de nos mains pour que nous puissions les voir se réaliser.

Le dimanche 30 septembre 2018

Lisa and Pastor ManaseeAujourd’hui, à mon réveil, il y avait encore plus de neige et un fort vent! Le pasteur Manasee m’avait déjà dit que le froid, ici dans l’Arctique canadien, est sec, ce qui est effectivement le cas aujourd’hui. On m’a également dit que ce genre de temps est inhabituel, à la fin septembre et au début octobre. J’enfile plusieurs couches de vêtements, mais les enfants, ici, n’ont qu’un t-shirt sous un léger manteau d’hiver!

C’est dimanche, et je n’ai qu’une courte distance à franchir à pied pour me rendre à l’église anglicane St. Jude’s, conçue et construite en forme d’igloo, en vue du culte de 9 h 45. Celui-ci est en anglais, suivi d’un autre en inuktitut à 11 h, et enfin d’un service bilingue en soirée, à 19 h. Je vais prêcher en soirée.

Il y avait beaucoup d’enfants durant le service du matin. C’était en effet une journée spéciale, deux bébés et trois enfants se faisant baptiser. L’assemblée se compose d’un mélange hétéroclite de familles reconstituées. Des études bibliques se tiennent tout au long de la semaine dans les deux langues, et j’ai l’impression que l’église St. Jude’s constitue un point de convergence communautaire pour bien des gens; la bâtisse des réunions fraternelles, juste à côté, sert également de soupe populaire. Le service est clairement anglican, suivant une liturgie, et il semble que la familiarité du dimanche procure un sentiment de stabilité à la nature imprévisible de la toundra arctique. Jetant à nouveau un coup d’œil à la carte géographique, je constate avoir presque oublié qu’Iqaluit se trouve dans l’île de Baffin et que les communautés de Grise Fiord et de Resolute sont au moins deux fois plus loin que la distance me séparant de Toronto. Quelle beauté que ce monde naturel brut du Nord! Quelle force et quelle faculté de récupération ont ces gens!

Le culte bilingue de la soirée est d’un style beaucoup plus libre et spontané que les services du matin. C’est un rassemblement animé où chanter, échanger et recevoir de la prière. Je ne comprends pas ce qu’on dit (Rebekah est cependant une interprète bienveillante!), mais je sens le désir qu’ont les gens d’adorer Dieu: je le perçois dans l’air et au plus profond de moi. C’est une véritable louange, venant du cœur, et c’est tout simplement merveilleux d’en faire partie. Rebekah me dit que des jeunes se mettent lentement à servir dans l’église, les dirigeants avançant en âge. J’ai eu l’occasion de prier pour quelques jeunes durant la louange et l’appel. Puisse Dieu préserver mes jeunes frères et sœurs et les préparer à œuvrer de son royaume.

Le lundi 1er octobre 2018

C’est une belle journée claire et ensoleillée, à Iqaluit; le froid est frais et vivifiant. C’est un vif contraste par rapport au froid mordant, au vent et à la neige d’hier, la neige et la glace fondant maintenant: c’est comme le dégel du printemps! On m’a dit vrai: Iqaluit a quatre saisons en une journée! J’ai rencontré ce matin Jeela, de l’Office de la langue, et il a été intéressant d’entendre parler des initiatives que notre Service de la traduction biblique a proposées à cet Office. Il serait merveilleux de pouvoir collaborer avec cette communauté pour élaborer des ressources linguistiques à son intention.

Sur le chemin du retour, j’ai marché le long du rivage, juste derrière le magasin North Mart, prenant quelques photos. Il fait plus froid au bord de l’eau, mais c’est rafraîchissant. La vue est majestueuse et imposante, me donnant l’impression d’être bien petite. Je peux voir les îles depuis la plage; de la toundra gelée qui dépasse de l’eau, permettant aux oiseaux et aux animaux terrestres de se reposer un peu. Cela suffit à me prouver l’existence d’un Dieu créateur et d’une création intelligente. On me dit que des phoques, des bélugas et des narvals florissent dans ces eaux froides et glaciales. Je raffole des animaux et un jour, peut-être lors de mon prochain voyage, je pourrai voir ceux-ci directement. Je me demande ce que ferait mon chien en se retrouvant face à face avec un narval!

C’est ma dernière journée complète ici: il me reste une rencontre ce soir, en compagnie de Myna, une nouvelle amie dont j’ai fait la connaissance à Toronto. J’espère en apprendre davantage à propos de la vie d’ici et de la façon dont la Société biblique canadienne pourrait y favoriser et y encourager l’œuvre chrétienne et prier pour cette dernière. Je vais ensuite revenir faire mes bagages. Demain matin, il y aura la prière du matin à l’église St. Jude’s, puis je me rendrai à l’aéroport, en planifiant, évidemment, mon prochain voyage à Iqaluit, mot qui signifie «là où il y a beaucoup de poissons».

À propos de l’auteure:

Lisa Pak est directrice de la région de l’Ontario, chez la Société biblique canadienne.

Ministre ordonnée au sein de la Korean Association of Independent Churches and Missions, Lisa a fait une maîtrise en théologie et une maîtrise en langues bibliques au séminaire Gordon-Conwell, dans l’État du Massachusetts. Elle a acquis une vaste expérience d’œuvre chrétienne chez de grandes assemblées, en Corée du Sud, à Singapour et au Canada. Tout au long de ses années d’œuvre chrétienne, Lisa a tissé des liens profonds avec les collectivités asiatique, afro-canadienne, indienne et russe. Elle se passionne de mobiliser des jeunes et des «enfants du millénaire» du Canada, ainsi que de rehausser leur collaboration avec des jeunes d’ailleurs, pour offrir l’évangile à toutes les nations.

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