Le potentiel spirituel des milléniaux

Deux principes m’ont toujours guidée dans mes interactions avec les jeunes et les adolescents :

(1) ne jamais sous-estimer le désir et l’intérêt d’une jeune personne envers Dieu, la Bible et les vérités spirituelles ;
(2) ne jamais sous-estimer la capacité d’une jeune personne de comprendre les choses de Dieu, la Bible et les vérités spirituelles.

J’ai trop souvent entendu dire que de toutes les générations, les milléniaux sont celle qui revendique le plus ses droits, qui est la plus repliée sur elle-même, la plus obsédée par les médias sociaux et la moins disposée à travailler dur. Au point de vue spirituel, les milléniaux sont perçus comme étant mous et faibles, trop ouverts, trop tolérants, trop relâchés, trop libéraux et trop peu disposés à lire les œuvres chrétiennes classiques, dont la Sainte Bible, je présume.

J’ose différer d’opinion.

Durant mes douze années et plus passées à travailler en compagnie de jeunes et comme pasteure de jeunes, j’ai rencontré certains des jeunes les plus engagés, les plus curieux au point de vue intellectuel, les plus axés sur la Bible et les plus compatissants qui soient. Ils ne sont pas aussi superficiels qu’on le dit. Ils ne sont pas paresseux non plus. Ils n’ont peut-être pas la conception du travail de 9 à 5 des générations antérieures, mais pourquoi le devraient-ils ? Ils sont nés dans un monde en constante évolution, qui fait fi des fuseaux horaires et qui fonctionne selon une interconnexion numérique que n’existaient pas lors des générations précédentes. Sans compter qu’ils savent tirer profit de tout cela.

Teenagers prayingPour les milléniaux qui connaissent et aiment Dieu, quelle époque captivante ! Ce sont les Daniel et les Esther du 21e siècle, grandissant dans un monde qui est de plus en plus laïcisé, mais qui offre des possibilités sans précédent d’être utiles à Dieu, « pour une occasion comme celle-ci ».

Nous nous attendons à ce que nos jeunes excellent dans leurs études, en sports, en musique et dans leurs activités parascolaires pour rehausser leurs demandes d’entrée à l’université et/ou leur curriculum vitae ; nous voulons qu’ils réussissent et deviennent influents dans le monde. De toute évidence, nous croyons en leur potentiel de réussite.

Alors, pourquoi devrions-nous avoir des attentes moindres au point de vue spirituel, surtout si nous tenons compte du fait que Dieu est l’ultime révélateur de la vérité ? En deux mots, la capacité de l’être humain de saisir les vérités spirituelles ne dépend pas du génie humain, mais bien de ce que Dieu révèle. Par conséquent, le « manquement » des milléniaux à connaître les vérités bibliques et à mettre en pratique des disciplines spirituelles ne signifie peut-être pas qu’ils en sont incapables, mais plutôt que nous ne leur avons pas fidèlement enseigné ces choses, en supposant qu’ils étaient incapables de les recevoir. Mais ils en ont la capacité. Ce qui est étrange et incohérent, ce sont les faibles attentes que nous avons d’eux au point de vue spirituel comparativement à nos attentes élevées dans presque tous les autres domaines.

Young man reading the BibleEn second lieu, et en revenant à mon premier principe, avons-nous présumé que nos jeunes s’intéressent davantage aux médias sociaux qu’aux questions spirituelles ? Réfléchissons : le fait qu’ils ne cherchent pas les vérités spirituelles de la même façon que nous ne signifie pas nécessairement qu’ils ne s’y intéressent pas.

Puisque nous, de la génération plus âgée, avons reçu la directive « d’instruire l'enfant selon la voie qu'il doit suivre » (Proverbe 22,6), prenons part à leur quête de vérités spirituelles. Voici quelques suggestions.

  • Tout d’abord, ayez des conversations de nature spirituelle en compagnie d’enfants du millénaire. J’oserais dire que nous craignons davantage qu’eux d’aborder des sujets spirituels et que nous présumons, presque avec soulagement, que cela ne les intéresse pas alors qu’il s’agit peut-être de notre propre hésitation et de notre propre peur d’avoir à répondre à des questions difficiles. Cela dénote une faiblesse spirituelle en nous, pas en eux. Il est injuste de suggérer que nos jeunes ne veulent pas apprendre alors que nous n’avons pas sérieusement tenu compte de leurs idées et de leurs questions à propos de Dieu, de la Bible et de l’Église. Interagissons donc avec nos jeunes en matière de systématique, d’apologétique et d’études bibliques.
  • En second lieu et plus fondamentalement, reconnaissons qu’eux aussi ont des désirs que Dieu seul peut combler. Si nous avons été créés pour vivre en relation avec Dieu, si ce dernier a mis la notion de l’éternité dans le cœur de chaque être humain, alors il y a, dans le fondement spirituel de tout être humain, un désir de connaître le Dieu vivant. Les jeunes s’intéressent aussi à leur raison d’être au point de vue de l’éternité : à quoi bon tout ça ? Milléniaux ou non, c’est une question qui intéresse l’être humain, pas une génération en particulier, et le Dieu éternel est pertinent pour toutes les générations. Les milléniaux s’intéressent beaucoup aux choses d’ordre spirituel. À la religion institutionnalisée ? Peut-être pas tellement. Aux choses spirituelles ? Oui, absolument ! Voilà un bon point de départ.

Bref, nous devons reconnaître le potentiel intrinsèque des jeunes et la contribution exclusive que les enfants du millénaire peuvent apporter au royaume de Dieu, non seulement au Canada, mais dans le monde entier. C’est une période captivante où être en vie et jeune !

Enfin, à tous les jeunes qui lisent ceci, je dirais : priez, lisez la Bible, n’abandonnez jamais et donnez aux croyants un bon exemple en matière de parole, de conduite, d’amour, de foi et de pureté !

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Lisa Pak

À propos de l'auteur : 

Lisa Pak est directrice de la région de l’Ontario, chez la Société biblique canadienne.

Ministre ordonnée au sein de la Korean Association of Independent Churches and Missions, Lisa a fait une maîtrise en théologie et une maîtrise en langues bibliques au séminaire Gordon-Conwell, dans l’État du Massachusetts. Elle a acquis une vaste expérience d’œuvre chrétienne chez de grandes assemblées, en Corée du Sud, à Singapour et au Canada. Tout au long de ses années d’œuvre chrétienne, Lisa a tissé des liens profonds avec les collectivités asiatique, afro-canadienne, indienne et russe. Elle se passionne de mobiliser des jeunes et des « enfants du millénaire » du Canada, ainsi que de rehausser leur collaboration avec des jeunes d’ailleurs, pour offrir l’évangile à toutes les nations.