Méditations du carême | Vendredi saint

La compassion du Christ : un amour coulant à flots en pleine souffrance

Méditations du carême | Vendredi saint

« Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui se traduit : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15.34)

Ce cri lancé de la croix résonne tout au long du Vendredi saint. C’est le cri qu’a poussé le Saint de Dieu alors qu’il entrait dans les ténèbres les plus profondes ; le Fils bien-aimé qui portait le plein poids du péché du monde, du chagrin et du châtiment de ce dernier. Jésus ne dore pas la pilule et ne cache pas son angoisse. Il exprime l’horreur du moment, tout en continuant d’en appeler à « Mon Dieu ».

Ce n’est pas l’affaissement de la foi, mais bien la foi assujettie au fardeau complet de la croix.

Quand je pense à la souffrance, je revois dans mon esprit le récit que ma famille a ramené du Sri Lanka. Ainsi, on nous a pris bien des choses durant la dévastation du Juillet noir. Nos vies ont été bouleversées et ce qui nous était familier a soudainement disparu. J’étais très jeune, mais je me souviens de la foi constante de mes parents. Ils ont tenu bon envers Dieu et ils sont allés de l’avant. Ils ont subi des pertes, mais ils n’ont pas abandonné celui qui les soutenait. Cela ne se compare pas à la croix : rien ne peut le faire. Cela reste cependant pour moi un doux rappel que, même si la vie se fracasse, la foi peut continuer de tendre des mains tremblantes vers Dieu.

Le Vendredi saint nous amène à moins penser à nous-mêmes pour plutôt fixer les yeux sur Jésus. À la croix, nous voyons une compassion plus profonde qu’un sentiment, inébranlable dans la souffrance. Jésus ne se tient pas à distance de la souffrance humaine : il la subit pleinement. Il supporte le rejet et l’abandon, et il reste là.

L’amour l’y maintient.

L’amour lui fait endurer les clous, les ténèbres et le silence. À la croix, nous voyons la terrible beauté d’un Sauveur qui préfère souffrir plutôt que de nous laisser sans espoir.

Nous sommes réduits au silence.

Nous nous tenons devant la croix et constatons ne plus savoir quoi dire. Ici, le Fils de Dieu ne fait pas seulement que souffrir : il se donne lui-même. C’est ici un amour qui ne rebrousse pas chemin, une miséricorde qui ne bat pas en retraite, une obéissance qui va jusqu’au bout. Jésus entre dans ce lieu d’abandon, et une fois qu’on l’y voit vraiment, plus rien n’est comme avant.

Andrew Ramalingam

Andrew Ramalingam

Pasteur associé
Église GKM Church | Scarborough (Ontario)

Prière :

Seigneur Jésus, quand la souffrance se fait lourde, empêche-moi de me replier sur moi-même ou de m’éloigner de toi. Enseigne-moi à soumettre honnêtement ma douleur à Dieu et à fixer la croix, où ton amour a tout enduré pour mon bien. Amen.

Mise en application :

Résistons aujourd’hui à l’envie d’aller précipitamment au-delà du Vendredi saint. Restons à la croix en compagnie de Jésus. Laissons son cri nous enseigner que la foi peut parler dans l’angoisse et laissons sa compassion reformuler notre façon de soumettre notre propre souffrance à Dieu.

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