À la mémoire du chanoine Jonas Allooloo (1946–2026)

Un serviteur fidèle, un traducteur consciencieux et un partenaire fiable pour ce qui est d’offrir les Saintes Écritures aux communautés inuites.

Jonas Allooloo and Bishop Andrew Atagotaaluk

M. Jonas Allooloo (à gauche) en compagnie de son ami de longue date et confrère traducteur, l’évêque Andrew Atagotaaluk.

La Société biblique canadienne (SBC) pleure la perte du chanoine Jonas Allooloo, prêtre inuit, traducteur biblique et fidèle serviteur de l’Église. Nous rendons grâce à Dieu pour la vie de M. Allooloo et pour l’héritage extraordinaire que ce dernier laisse derrière.

Pendant près d’un demi-siècle, la SBC a eu le privilège de côtoyer M. Allooloo alors que ce dernier et d’autres membres inuits du clergé traduisaient la Bible en inuktitut. Ce travail a constitué un jalon historique : la première bible complète à être traduite, au Canada, par des locuteurs ayant pour langue maternelle une langue autochtone, plutôt que par des missionnaires. Long et éprouvant, ce parcours a exigé de la persévérance, de la collaboration et une foi profonde.

« Durant de nombreuses années, M. Allooloo et les autres traducteurs descendaient vers le sud pour venir travailler pendant des semaines dans nos locaux, en Ontario », de dire M. Jeff Green, le vice-président du Service de la traduction biblique chez la Société biblique canadienne. « Ils pouvaient ainsi se concentrer sur leur tâche de traduction à un niveau que leur horaire chargé, dans leur paroisse, ne leur permettait pas. Lors de ces visites, des membres du personnel de la SBC les accueillaient dans leurs foyers, permettant ainsi la création de véritables amitiés. »

La SBC a publié le Nouveau Testament en inuktitut en 1996 ; ayant suivi en 2012, la publication de la bible intégrale en inuktitut fut un moment de profonde réjouissance pour les communautés inuites, lesquelles pouvaient désormais interagir avec l’ensemble des Saintes Écritures dans la langue de leur cœur. Comme M. Allooloo le mentionnait un jour, des gens venaient le voir, ébahis, en disant : « Dieu parle maintenant ma langue ! »

M. Allooloo n’a pas abandonné cette tâche, même une fois la Bible intégrale achevée. Conscient du fait qu’une langue vit et change, il s’est engagé à revoir la traduction pour veiller à ce que les Saintes Écritures continuent de parler clairement et fidèlement aux générations à venir.

« M. Allooloo s’occupait activement de réviser la traduction jusqu’au moment de son décès », a déclaré M. Green. « Il communiquait souvent avec nous, vérifiant le sens de certains versets, discutant des possibilités de traduction ou obtenant du soutien technique. Il restait de toute évidence profondément engagé envers cette tâche. »

La SBC a publié le Nouveau Testament révisé en inuktitut en 2021, un texte dont M. Allooloo s’était occupé en étroite collaboration avec son ami de longue date et confrère traducteur, l’évêque Andrew Atagotaaluk. Au moment de son décès, M. Allooloo achevait la révision de l’Ancien Testament, un dernier labeur d’amour qui reflétait son dévouement de toute une vie envers les Saintes Écritures et les communautés inuites.

M. Green a également eu le privilège de rendre visite à M. Allooloo à Iqaluit, où ils ont ensemble travaillé à la révision ; ils y ont aussi installé, à la cathédrale St-Jude, un bureau devant servir de studio d’enregistrement pour M. Allooloo, quant à la version révisée du Nouveau Testament.

« J’ai eu le plaisir de rendre plusieurs fois visite à M. Allooloo à Iqaluit, alors que nous nous occupions ensemble de la révision », a mentionné M. Green. « M. Allooloo et sa femme Meena étaient de formidables hôtes, nous accueillant généreusement dans leur communauté. »

« M. Allooloo était un traducteur très consciencieux », M. Green a-t-il fait remarquer. « Il était doué pour ce qui était d’évaluer les diverses versions anglaises de la Bible à partir desquelles il travaillait et il avait une profonde connaissance des dialectes inuktituts. Ses introspections quant aux termes qui conviendraient ou ne conviendraient pas chez diverses communautés étaient d’une valeur inestimable. »

Au-delà de son travail de traducteur, M. Allooloo vivait profondément pour l’Église. Ordonné au milieu des années 1970, il a servi fidèlement comme ministre du culte d’une paroisse avant de devenir doyen de la cathédrale St-Jude, à Iqaluit. Même une fois à la retraite, il a continué de servir dans la mesure du possible.

C’est avec gratitude et humilité que nous, chez la Société biblique canadienne, songeons au décès de M. Allooloo.

Nous offrons donc nos plus sincères condoléances à Meena, aux enfants et aux petits-enfants ainsi qu’aux communautés inuites et anglicanes élargies qui pleurent cette perte. La vie et l’œuvre de M. Allooloo vont continuer de porter fruit partout où les Saintes Écritures sont lues, entendues et aimées en inuktitut.

Les Saintes Écritures nous offrent cette promesse :

« J’entendis du ciel une voix qui disait : Écris : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur, dès à présent ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. »
— Apocalypse 14.13