CANADA : La traduction en langues autochtones

Inuit Translators

Ayant adopté une posture d’humilité, d’affirmation de l’espoir et d’interaction avec les complexités de la réconciliation, nous sommes honorés des invitations que nous recevons de travailler aux côtés de Canadiens autochtones, pour le bien de leurs communautés.

De nombreuses communautés autochtones du Canada ressentent un espoir renouvelé quant à la revitalisation de leur langue et de leur culture, le tout étant axé sur la traduction des Saintes Écritures et l’interaction avec ces dernières.

Les langues sont des entités vivantes qui nous touchent au plus profond de notre être. La SBC travaille donc en compagnie de partenaires en vue de traduire et de réviser la Bible, le Nouveau Testament et des portions bibliques en langues autochtones du Canada. Ces partenaires incluent des locuteurs des langues en question, des organismes locaux ainsi que des églises locales et nationales.

Certains de nos produits, comme la série Mission alphabétisation, peuvent servir de ressources quant à des cours de langues autochtones, dans des écoles et des églises. Entretemps, étant donné notre participation historique pour ce qui est de rendre les Saintes Écritures accessibles en langues autochtones, on nous aborde de temps à autre pour nous demander si une ancienne traduction de la Bible est toujours disponible ou si nous pourrions appuyer une nouvelle initiative de traduction.

1,6M

Plus de 1,6 million de personnes, au Canada, se disent autochtones.

47 %

47 % pour 100 des Autochtones du Canada se disent chrétiens.

INTERACTION

Dans beaucoup de communautés autochtones du Canada, l’interaction avec les Saintes Écritures est considérée comme étant stratégique et précieuse pour ce qui est de revitaliser la langue et la culture.

Traduction de l’Ancien Testament en iñupiaq

Plus de 1,8 million de personnes sont issues de groupes autochtones, au Canada, 47 % de ces gens étant chrétiens. Le fait d’avoir accès à la Bible dans leur propre langue est essentiel quant à leurs vies spirituelle et culturelle.

Déplorant la perte de leur langue et désireuses de la préserver à l’intention de leurs enfants, une équipe de femmes, certaines ayant plus de 80 ans, ont entrepris de traduire l’Ancien Testament en iñupiaq. Elles bénéficient maintenant du soutien de spécialistes de la SBC, mais au départ, elles ne jouissaient d’aucune orientation venant de l’extérieur. Le magnifique paysage de l’Alaska faisant toile de fond, écoutez-les nous faire part de leur récit.

La traduction en langues autochtones

La Bible intégrale en pied-noir

Le pied-noir, également appelé siksika, fait partie de la famille linguistique algonquienne, appartenant au groupe des Plaines de pair avec l’arapaho, le gros ventres et le cheyenne. Le pied-noir se parle dans le Nord-ouest du Montana et d’un bout à l’autre de l’Alberta, au Canada, étant ainsi l’une des langues algonquiennes en usage le plus loin à l’ouest.

Des portions de la Bible ont d’abord été publiées en pied-noir en 1890. Au fil des ans, depuis les années 1970 jusqu’à présent, sont venus s’ajouter un dictionnaire et une grammaire, ainsi que le film sur Jésus et certains livres du Nouveau Testament.

Il existe aujourd’hui 6 450 locuteurs du pied-noir au Canada. En 2021, la population pied-noir inscrite atteignait 7 565 personnes, dont 4 136 habitaient des réserves en Alberta. La langue pied-noir est celle qui connaît la plus forte croissance parmi les langues des Premières Nations des provinces des Prairies, s’étant accrue de 1 025 locuteurs, soit 18,9 pour 100, de 2016 à 2021. La Bible en pied-noir va jouer un rôle considérable dans la préservation de la langue et de la culture.

DATE BUTOIR: traduction intégrale de la Bible d’ici les années 2030.

« Quelle joie que de participer à cette initiative… J’en raffole. Notre langue, le pied-noir, renferme beaucoup d’expressions… Le simple fait de prononcer les mots nous permet presque de voir de la beauté. » — Rosie Jane Tailfeathers, traductrice en pied-noir

Évangile de Luc et portions choisies des Saintes Écritures en kwak’wala

Langue du cœur du peuple kwakwa̱ka̱ʼwakw, le kwak’wala se parle dans l’ensemble des communautés du nord de l’île de Vancouver et de la côte centrale de la Colombie-Britannique. Des portions des Saintes Écritures ont bien été traduites en kwak’wala vers la fin des années 1800, mais ces textes ne correspondent plus à la langue qui est parlée et comprise aujourd’hui. Les anciens et les dirigeants des églises ont exprimé leur désir d’avoir les Saintes Écritures en kwak’wala nettement contemporain.

Ces dernières années, la communauté a renouvelé son engagement à affermir l’usage de sa langue et à transmettre cette dernière aux générations à venir. Depuis 2024, la Société biblique canadienne collabore avec des locuteurs du kwak’wala quant à une initiative de traduction menée par la communauté, offrant des outils et de la formation en matière de traduction des Saintes Écritures.

L’équipe a abordé la traduction de l’Évangile de Luc, commençant par 20 récits clés qui correspondent fortement à la culture kwak’wala, ainsi que par plusieurs passages essentiels en matière d’enseignement, de louange et de bénédiction. Ce travail vise à faire entendre la Parole de Dieu en kwak’wala, façonnée par des voix locales et partagée en vue de bénir l’Église et la communauté.

  • Livrets illustrés du genre bandes dessinées.
  • Enregistrements sonores.
  • Brefs vidéos avec narration en kwak’wala.

DATE BUTOIR : traduction intégrale de l’Évangile de Luc d’ici 2028.

« Nous accomplissons quelque chose de valable pour le Seigneur et le bien de notre peuple… Certains des anciens et anciennes… ils versent des larmes de joie… En entendant la Bible en kwak’wala, je suis ébahi… C’est comme un rêve devenu réalité. » — Brody Naknakim, traducteur en kwak’wala

Le Nouveau Testament en anihshininiimowin

Les habitants de Lac Kingfisher rêvent depuis des années d’entendre lire les Saintes Écritures dans la langue de leur cœur. Leur foi est ferme, mais l’absence d’une traduction intégrale limite leur capacité d’interagir profondément avec la Bible. L’initiative de traduction biblique en anihshininiimowin est issue de ce besoin de donner vie à la Parole de Dieu dans la langue de leur cœur.

Parlée par environ 12 000 personnes dans l’ensemble du nord-ouest de l’Ontario, cette langue est porteuse de l’histoire, de l’humour et de la vision du monde de cette communauté. Le fait de traduire la Bible va contribuer à préserver et à affermir la langue, de sorte qu’on puisse la transmettre aux générations à venir.

Œuvrant aux côtés de l’organisme Indigenous Spiritual Ministry (œuvre spirituelle autochtone) de Mishamikoweesh, à Lac Kingfisher, la SBC va continuer d’orienter le processus de traduction en anihshininiimowin qui est déjà amorcé.

L’équipe a jusqu’ici élaboré l’ébauche de plus du tiers du Nouveau Testament, ayant publié l’Évangile de Marc et les chapitres 1 à 3 de l’Évangile de Jean.

  • Livret de prière.
  • Évangile de Jean en voie de révision.
  • Version sonore des épitres de Jean en voie de production.

La Bible intégrale en inuktitut: révision

L’inuktitut, également appelé inuktitut de l’Arctique de l’Est, se parle principalement chez les Inuits du Nunavut et du Nunavik (Nord du Québec). C’est l’une des langues officielles du territoire du Nunavut.

La Bible intégrale s’est terminée en 2012, la SBC aidant maintenant l’Église à réviser cette publication. Parmi les récents jalons, mentionnons l’achèvement du Nouveau Testament, lequel est actuellement disponible grâce à la Bibliothèque biblique numérique et à l’appli YouVersion ainsi qu’en version imprimée, de même que la création d’une Bible pour enfants en inuktitut.

  • Enregistrement sonore du Nouveau Testament: terminé à l’automne 2022 et publié à l’automne 2023.
  • Ancien Testament à terminer à 50 pour 100 d’ici la fin de 2026.
  • La série «Mission: Alphabétisation»: traduction en inuktitut et publication au printemps 2023.

Date butoir: Achèvement à 50 pour 100 de la révision de l’Ancien Testament d’ici 2026.

« Il était impressionnant, lors de la parution, de voir un livre complet de la Bible dans notre langue… Cela m’a beaucoup aidé dans ma vie, au point de vue spirituel. » — Joshua Arreak, correcteur d’épreuves en inuktitut

Ancien Testament en iñupiaq du nord de l’Alaska

Le Nouveau Testament étant réalisé, l’achèvement de l’Ancien Testament (A.T.) va procurer la Bible au complet. De nombreuses personnes ont offert de participer au processus de la traduction, la plupart d’entre elles bénévolement, se sentant appelées à terminer l’A.T. en iñupiaq pour bénir l’Église et la communauté. La participation de ces gens accélère grandement les progrès.

Le terme générique « iñupiaq » désigne les dialectes inuits qui se parlent en Alaska et dans les régions contiguës du nord du Canada. L’iñupiaq s’apparente étroitement à d’autres langues inuites de l’ensemble de l’Arctique canadien et du Groenland. Il est considéré comme étant menacé, la plupart de ses quelque 4 700 locuteurs ayant 40 ans ou plus.

Portions bibliques en inuinnaqtun

L’inuinnaqtun est l’une des langues officielles du Nunavut.

La SBC a tenu un congrès sur la traduction biblique en inuit au Nunavut, au début de 2017, des participants du centre de l’Arctique ayant alors demandé de l’aide relativement à certains textes en inuinnaqtun.

La première réalisation de cette collaboration a consisté à convertir les portions de Bible datant des années 1980 (Ruth, les quatre évangiles, les Actes) en format électronique, puis à les rendre accessibles sur YouVersion, une appli biblique pour utilisation en ligne et mobile. Les bénévoles ont ensuite traduit les récits de Mission alphabétisation que la SBC avait publiés en 2020.

Les bénévoles sont également en train de produire une nouvelle traduction de certains livres, ayant presque terminé l’Évangile de Marc.

La SBC est déterminée à aider ces personnes à résoudre leur plus grand défi, soit celui de mettre à jour la langue et l’orthographe de leur traduction du missel de l’Église anglicane, lequel renferme surtout des passages des Saintes Écritures. Notre participation consiste à veiller à ce que la langue utilisée soit exacte et contemporaine ainsi qu’à préparer le tout en vue de l’impression. L’Église anglicane du Canada, une partenaire de longue date, se chargera ensuite de publier le missel.

À la demande des dirigeants de l’Église, nous avons participé à la mise à jour, en matière de langue et d’orthographe, de la version inuinnaqtun du missel de l’Église anglicane, lequel renferme surtout des passages des Saintes Écritures. Notre rôle consistait à vérifier que le texte reflète fidèlement la langue contemporaine ainsi qu’à le préparer en vue de l’impression. L’Église anglicane du Canada, une partenaire de longue date, se chargera de la publication.

Bible en version cri de l’Ouest

Le Cri des plaines (dialecte cri en « y ») se parle dans les provinces des Prairies; c’est l’une des rares langues autochtones du Canada à disposer d’une traduction complète de la Bible. La Société biblique britannique et étrangère a pour la première fois publié cette traduction, en écriture syllabique crie, en 1862. La traduction provenait de William Mason, un missionnaire œuvrant à partir de la maison Norway, de sa femme Sophia Thomas Mason, de Red River et née d’une mère crie, ainsi que de leurs collègues autochtones John Sinclair et le révérend Henry Bird Steinhauer. Richard Faries et l’archidiacre J.A. MacKay ont par la suite révisé cette traduction, de 1904 à 1908. Cette version de la Bible est toujours en usage au sein des communautés cries. À la demande de dirigeants de l’Église autochtone, nous avons publié une nouvelle édition de cette Bible en 2020.

Portions bibliques en cri des plaines contemporain

Durant les années 1980, la SBC a entrepris une nouvelle traduction en cri des plaines, tel que parlé aujourd’hui. Le révérend Stanley Cuthand a produit une ébauche de la traduction, dont des portions ont été révisées par un groupe de locuteurs cris de Saskatoon. De 2004 à 2018, nous avons publié le livre de Ruth, une collection de Psaumes, l’épître de Jacques ainsi que les quatre évangiles et les Actes, le tout en caractères romains courants; des enregistrements sonores sont disponibles. Nous avons également traduit la série de récits bibliques intitulée Mission alphabétisation

La Bible intégrale en mohawk

La toute première traduction effectuée par une Société biblique a été celle de l’Évangile de Jean en mohawk, en 1804. Vint ensuite, en 1880, la publication des quatre évangiles, la traduction ayant été effectuée par Sosé Onasakenrat.

Mohawk BibleDepuis le début des années 2000, la SBC appuie Harvey (Satewas) Gabriel, l’arrière-petit-fils de M. Onasakenrat, en matière de vérification de la traduction, de financement et de publication du travail de l’équipe dont M. Gabriel a fait partie: 2 Corinthiens (2001), Jonas (2002), Ruth (2005), Daniel (2005), Esther (2006), Proverbes (2007) et Genèse (2014).

Au début de 2020, la SBC a répondu à la demande de M. Gabriel en l’aidant, lui ainsi que sa famille, à établir cette initiative visant à terminer la Bible. Nous avons fourni une partie du financement et avons, ces trois dernières années, offert du soutien quant à la vérification de la traduction pour permettre d’achever le travail, y compris en ce qui concerne la composition et la publication.

Cette initiative s’est effectuée en collaboration avec le Conseil Mohawk de Kanesatake et l’Église Unie du Canada.

La Société biblique canadienne a publié la version intégrale de la Bible en mohawk en 2023.

Découvrir davantage

Gospel of Mark in Cree

Visite auprès de traducteurs bibliques dévoués desservant les communautés autochtones du Canada

La SBC est déterminée à aider des communautés autochtones à avoir accès à la Bible dans leur langue maternelle. Jeff Green, le vice-président du Service de la traduction biblique, ainsi qu’Henry VanderSpek, un photojournaliste de Toronto, se sont rendus chez deux groupes s’occupant de traduction en langue autochtone que soutient la SBC. Le voyage les a amenés chez la communauté mohawk de Kanesatake, près de Montréal, ainsi que chez la communauté inuite d’Iqaluit, au Nunavut. Lisez-en davantage à propos des gens qui participent à la traduction et voyez un aperçu des paysages magnifiques où résonnent ces langues.

Gospel of Mark in Cree
Indigenous Bible Translation Capacity-Building Initiative

Initiative de renforcement des capacités en matière de traduction biblique en langues autochtones

Travaillant conjointement avec l’Association Wycliffe pour la traduction de la Bible et la Société internationale de linguistique, la Société biblique canadienne organise depuis 2015 des ateliers annuels de renforcement des capacités en matière de traduction biblique, à l’intention des locuteurs des Premières Nations.

Indigenous Bible Engagement Resources

Ressources d’interaction avec la Bible pour les Autochtones

La Société biblique canadienne (SBC) est déterminée à rendre la Parole de Dieu accessible aux communautés autochtones, dans leur langue maternelle. Grâce à des initiatives pluriannuelles (dont un partenariat antérieur avec Crossroads First Peoples Voices et notre plus récente collaboration avec I Am Compelled), la SBC a appuyé des communautés autochtones de l’ensemble du Canada, y compris en régions éloignées et dans l’Arctique, en fournissant des Bibles et d’autres ressources bibliques.

La SBC continue de fournir des bibles pour jeunes et enfants, les Saintes Écritures en langues autochtones, des ressources d’interaction avec la Bible ainsi que de la documentation d’étude à domicile, aidant ainsi des communautés à interagir sérieusement avec la Parole de Dieu, de façon relationnelle. Des membres des communautés ont reçu non seulement ces ressources, mais également de l’espoir et de l’encouragement, des vies étant touchées grâce à la prière, à un renouveau et à des moments de guérison spirituelle.

De l’espoir pour les membres des Premières Nations

Pikangikum est une Première Nation ojibwée du nord-ouest de l’Ontario. Colleen Estes, qui est missionnaire à Pikangikum depuis 23 ans, dit n’avoir jamais vu une telle soif de l’évangile.

«Puisqu’aucun organisme de l’extérieur ne peut entrer dans la réserve (durant la pandémie de la COVID-19), on a distribué les cadeaux que vous nous avez envoyés lors des nombreuses rencontres tenues à l’extérieur, ce qui est nouveau.» Colleen ne suffisait pas à distribuer les Bibles lorsqu’elles sont arrivées, ayant reçu 22 demandes en quelques heures à peine.

Des vies se transforment quand la Parole de Dieu parle dans la langue du cœur d’un peuple. Votre soutien, aujourd’hui, est vital pour ce qui est d’aider à terminer ces initiatives de traduction en collaboration avec des communautés autochtones du Canada.

Des vies se transforment quand la Parole de Dieu parle dans la langue du cœur d’un peuple. Votre soutien, aujourd’hui, est vital pour ce qui est d’aider à terminer ces initiatives de traduction en collaboration avec des communautés autochtones du Canada.